Chaleur – Chapitre 2

Vous l’attendiez n’est-ce pas ? Eh bien voici la suite tant attendue de la série Chaleur

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Bonne lecture à tous !

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Chaleur – Chapitre 2

Je suis réveillée par les cris des enfants. Merde, il doit être déjà tard et j’avais prévu d’aller au marché. Un coup d’œil au réveil, il est 10h17, j’ai encore le temps. Je croise Paul en descendant, il a une petite mine. J’ai entendu les hommes refaire le monde jusqu’à ce que j’aille me coucher, accompagnés d’une ou deux bouteilles j’imagine, les cheveux tirent peut-être un peu ce matin… « Et voilà la plus belle ! », s’écrie Julie en me voyant, sans cesser d’étaler un énorme monticule de confiture sur son pain doré. Juste ce qu’il fallait pour me mettre en appétit. J’avale un petit-déjeuner rapide mais copieux, remonte me préparer en vitesse et j’embarque les garçons avec moi pour une virée au marché.

Nous roulons toutes fenêtres ouvertes et la route nous dévoile les prémices du mélange des sens qui nous attend là-bas. Le soleil est déjà haut, il passe à travers les feuilles des pins et des chênes et crée des flashs de lumières éblouissants et chauds. Les pins justement répandent déjà leur puissante odeur et font vibrer le vent qui joue avec leurs aiguilles. La mer aussi se fait sentir, si on hume bien, le fond de l’air est rempli d’embruns. On entend, comme toujours, le vrombissement des cigales et les rumeurs de la ville et de son marché au loin, qui se rapprochent peu à peu. Heureusement, je réussi à capter ces détails, ce qui n’est pas simple compte tenu de l’agitation qui règne à l’arrière…

Je trouve une place dans le parking le plus au centre, nous sommes très vite entre les étals. Les garçons choisissent les fruits, moi les légumes. On fait également le plein de fromages, viandes et poissons, sans oublier les olives pour l’apéro et du pain pour la tapenade. On arrive à mon stand préféré. Je ne pars jamais du marché de Bandol sans y avoir fait une pause. Mme Guirond produit du miel et de la lavande et tout un tas de produits qui en découlent. Son stand sent infiniment bon, son sourire est plein de chaleur et elle laisse toujours un petit pot de miel sur l’étal pour déguster. « Bonjour les enfants ! Comment ça va ? Toujours en forme je vois ?! ». Les garçons ont formé une ronde autour du miel et commencent à y tremper les touillettes. « Bonjour Madame Guirond ! Eh oh, les garçons, ça suffit, soyez un peu plus polis enfin ! », je m’écris. « Eh bonjour Cécile ! Alors, vous faites bande à part avec votre plus grand ? Jules c’est ça ?! ». Je ne vois pas tout de suite où elle veut en venir et lui demande de m’expliquer. « Eh bien il est passé sur mon stand il y a une vingtaine de minutes peut-être… Avec un ami à lui, il m’a pris un petit quelque chose pour vous je crois ! », fini-t-elle avec un clin d’œil. Je commence à comprendre… Jules devait nous rejoindre dans la journée, il s’est sans doute arrêter au marché avant son arrivée pour nous faire une petite surprise. Cela me parait tout de même étonnant, la route depuis les Landes est longue, il doit bien y en avoir pour sept heures minimum, et je suis presque sûre d’avoir retenue qu’il partait ce matin. Mme Guirond ne peux pas plus m’aider. Je la remercie et nous la quittons, non sans lui avoir acheté un petit pot de miel de pin délicieux.

« Maman, Juju est à la maison ? ». Aubain n’a évidemment pas perdu une seule miette de mon échange avec l’apicultrice. « Je ne sais pas mon chéri, on dirait que oui, il nous fait surement une surprise. ». Une fois tout le monde dans la voiture, je passe tout de même un coup de fil à mon ainé car tout cela me préoccupe un peu. Je suis renvoyée sur le répondeur après plusieurs sonneries… Tant pis, en route ! Le trajet retour me semble plus long. Je tourne et retourne dans ma tête toutes les éventualités possibles qui pourraient expliquer les propos de ma marchande de miel. Peut-être juste un garçon qui ressemble à Jules, mais la coïncidence serait cocasse. Mes pensées se perdent dans les virages qui nous ramènent chez ma sœur. A l’arrière, un débat fait rage depuis notre départ de Bandol : les abeilles mangent-elles le miel qu’elles fabriquent ? Je ne peux malheureusement pas trancher pour les garçons, qui entament donc à tour de rôle un prêche pour leur position. La question, quoique forte intéressante, restera sans réponse. Nous arrivons au mas, les crapules se précipitent hors de la voiture et je les perds de vue rapidement. Je remarque immédiatement une petite voiture qui n’était pas là à mon départ. Une petite citadine, pas neuve, à la carrosserie jaune canard, et arborant un fier « A » sur le pare-brise arrière. Je ne la connais pas mais sans doute le bolide qui a emmené mon fils jusqu’ici.

Les trois loubards ayant filés, je me retrouve seule face au coffre rempli. Il m’en faut plus pour me décourager, je ferais plusieurs trajets. Je commence donc pas empoigner deux sacs et me dirige vers les marches en pierre qui mènent à la maison. « Hey Maman !!! », s’écrie Jules en déboulant sans prévenir en haut des marches. Il m’a fait peur ! Je lâche un sac rempli de tomates qui se mettent à rouler dans les escaliers en s’écrasant juteusement pour certaines…

« Jules ! Mais qu’est-ce que tu fais là ? Tu ne réponds pas à mes appels ?! ». Je m’en veux aussitôt. Je déteste passer pour la mère hystérique qui flippe pour ses enfants et leur crie après alors que ça fait quinze jours qu’elle ne les a pas vus. « Tu m’as appelé ? Oh, j’ai pas dû faire attention, on est arrivés depuis quelques minutes et je discute un peu avec tout le monde tu vois, donc pas le nez dans mon portable en fait… Attends, laisse je vais ramasser. ». Je prends quand même le temps de lui faire un bisou de maman et nous ramassons les fruits parsemés dans les escaliers. Il en profite pour m’expliquer son arrivée surprise. Son pote Gabin et lui se sont fait virer de leur camping sur la côte Atlantique, la veille de leur départ. Tapage nocturne me dit-il, j’essaierais d’en savoir plus grâce à mes multiples sources. Ils ont donc décidé de faire la route de nuit, avec de grosses pauses sommeil dans la voiture de Gabin et de bonnes doses de café pour tenir. Les voilà donc arrivés ce matin, et après avoir pris un bain de mer à la fraîche et être passés par le marché, ils sont arrivés quelques minutes à peine avant mon retour. Le planning de la journée semble être à base de siestes à répétition. Je lui demande s’il n’a pas un petit cadeau pour moi, à tout hasard. « Mais comment tu fais ? Tu as des yeux et des oreilles partout, c’est pas possible ! Tiens, curieuse, voilà ! », me dit-il, rieur, en me tenant un petit pot de mon miel préféré, de lavande. « Merci mon fils, tu es adorable ! ».

Nous avons déchargé le coffre en deux aller-retour à nous deux, je me charge de ranger les courses dans la cuisine, aidée de Solène qui prépare déjà le repas de midi. « Eh bien on va commencer à être nombreux, avec les grands qui viennent d’arriver et André qui nous rejoint vendredi soir… Je vais bientôt installer un deuxième frigo et un second four dans cette cuisine ! ». J’aime que la maison grouille comme cela. Les enfants qui courent et qui jouent, les adultes qui prennent l’apéro à toute heure, qui mettent leur honneur en jeu à la pétanque, la musique que l’on met volontiers un peu plus fort le soir, pour danser un peu, la piscine qu’on entend clapir à fil des plongeons… C’est vraiment ça les vacances. Je sais que Solène peut se sentir débordée quand il y a beaucoup de monde, mais elle est loin de tout gérer seule, tout le monde met la main à la pâte. « Oui, c’est agréable, non ? Tu sais, André ne reste pas longtemps, deux nuits au plus il me semble. – Je sais oui, ce n’est pas lui qui chamboule le plus l’organisation de toute manière, se rassure-t-elle en souriant. ». Je rempli un plateau avec la vaisselle et me dirige vers la terrasse ombragée pour commencer à mettre la table. Clarisse et Emma sont en plein manucure, je les déloge à contre cœur. En contre-bas, au bord de la piscine, j’aperçois Jules, déjà en maillot, en plein discussion avec un jeune homme qui m’est inconnu. Surement son copain Gabin, que je n’ai encore jamais rencontré. Pourtant, depuis quelques mois, ils sont toujours fourrés ensemble : « Je vais chez Gabin ! », « J’ai une soirée avec Gabin ! », « On va à un concert Gabin et moi. ». Ils se sont bien trouvés ces deux-là. J’ai hâte de le rencontrer, j’aime connaître les amis de mes enfants, cela me rassure. Je sais s’ils sont en bonne compagnie et sur qui ils peuvent compter. Je crois qu’André l’a déjà rencontré, il me semble avoir discuté de ça avec lui il y a peu. Le temps que je fasse un aller-retour vers la cuisine pour apporter les boissons et d’autres bricoles, les voilà sur la terrasse. « Bonjour Cécile ! Moi c’est Gabin, je peux vous appeler par votre prénom ? – Enchantée Gabin ! Bien sûr, volontiers ! Bienvenu parmi nous ! Vous avez fait bonne route tous les deux ? – Oui, merci ! Un peu long sur la fin, je suis content d’être enfin arrivé, surtout que tout le monde est super accueillant, c’est super sympa ! ». Il est adorable, je n’en attendais pas moins. Nous discutons un peu de tout et de rien. Je n’arrive pas à avoir plus d’infos sur la mystérieuse expulsion du camping. Tandis que nous faisons connaissance, je tourne autour de la table pour disposer les affaires. Je m’éloigne ainsi de quelques mètres de lui et je peux l’observer de plein pied. C’est vraiment un très beau jeune homme. L’océan et le soleil ont coloré sa peau du plus joli des bruns. Ses cheveux noirs ébène ont été mouillés par la piscine et des boucles s’y mélangent en séchant. Il est musclé, il doit être sportif. Quelques poils hérissent son torse, juste ce qu’il faut. Je me perds un peu dans ma contemplation. « Et vous êtes là depuis la semaine dernière vous c’est ça ? Je connais assez peu la côte Méditerranéenne, j’ai hâte de découvrir tout ça ! ». Il m’a prise de court. Je m’aperçois que je n’écoute plus vraiment ce qu’il dit depuis quelques phrases. J’étais en train de fixer son boxer moulant, boudinant ses fesses musclées d’un côté et mettant en valeur son anatomie de l’autre, lorsque je relève la tête et le vois qui me sourit. La main dans le sac ! Je rougis puis me reprends aussitôt. « Oui nous sommes là depuis jeudi ! Eh bien, tu vas voir, Jules va te faire découvrir les criques du Var, tu vas assurément tomber sous le charme ! Tu ne pourras pas tellement t’éclater en surf par contre, je conclus en riant pour cacher mon embarras. ». Je ne perçois aucune gêne de son côté, ce qui est d’autant plus perturbant. Il ne baisse pas le regard, qu’il garde fiché dans le mien. Il a de très beaux yeux il faut dire, perçants, verts et gris, profonds. « Oh j’ai bien profité du surf à l’océan alors j’espère qu’on va faire pas mal de farniente pour cette deuxième partie des vacances. ». Je lui propose de poursuivre au repas car je dois remonter en cuisine pour finir de préparer la table et aider ma sœur. Il part se sécher et se changer. En haut, Solène finit de monter une vinaigrette. « Tu as croisé Gabin, le pote de Jules ? Un vrai petit apollon, celui-là, comme dans notre débat d’hier soir ! ». Elle éclate de rire : « Ahahah ! C’est exactement ce à quoi j’ai pensé en le voyant, Célie et Julie vont passer leur temps à le mater celui-là ! – Tu m’étonne, il est vraiment canon ! ». Ma sœur hausse les sourcils en secouant la tête de droite à gauche. Je vais quand même me calmer, elle a raison sur ce coup-là, c’est un ami de mon fils après tout. Et puis je ne veux pas le déranger lui surtout. Même s’il paraît très sûr de lui, ce n’est pas forcément agréable de sentir le regard insistant de la mère de son pote sur soi j’imagine…

Jules et Gabin monopolisent l’attention pendant tout le repas. Ils nous racontent leurs aventures dans les Landes et ils ont la tchatche tous les deux. Jules se lève et nous rejoue les scènes comme si on y était. Ils parlent forts tous les deux, s’esclaffent, et l’auditoire boit leurs paroles. Léo, Antoine et Aubain sont particulièrement attentifs pour une fois, leurs visages d’enfants expressifs tournés tantôt vers l’un, tantôt vers l’autre. Les filles, elles, écoutent avec plus de réserve mais, si l’on y prête attention, on comprend vite que ce n’est que façade : elles ne sont pas insensibles à la beauté de Gabin évidemment. Quant aux plus vieux, nous rions de bon cœur aux péripéties de ces deux-là. L’heure de la sieste sonne enfin pour tout le monde. La chaleur n’est pas redescendue et, sans l’ombre salvatrice de la bâtisse, nous n’aurions pas pu manger dehors. Mais au cœur de l’après-midi, l’ombre ne suffit plus. Nous sommes tous retranchés à l’intérieur, dans les chambres qui restent fraîches grâce aux épais murs de pierres. Aubain m’a retrouvée dans la mienne, pour une sieste tendre. Il s’est endormi, j’en profite pour me plonger dans un roman.

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A suivre par ici 

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