Chaleur – Chapitre 4

Hello !

Il semblerait bien que j’ai pris non pas une mais bien deux belles semaines de pause pour le blog… J’avais pourtant pris le nécessaire pour écrire en vacances, mais on a fait beaucoup de choses chaque jour et je me couchais tôt, profitant du calme doux et reposant du sud du Portugal (magnifique pays, nous sommes tombés sous le charme !).

Mais voici, enfin, la suite de la série Chaleur, pour rester dans le thème des vacances, de la farniente et des instants « caliente« .

Bonne lecture !

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Chaleur – Chapitre 4

 

Après une soirée passée à table, Aubain, épuisé par la chaleur, les courses au bord de la piscine et les parties de jeux de société avec ses cousins après manger, s’est endormi sur mes genoux. Je monte le coucher, avec Antoine et Léo, fourbus eux aussi. Mon fils commence à être grand et je peine à monter les larges marches de pierre avec ce poids sur les bras. Pourtant, il ne cille pas et reste endormi jusqu’à ce que je le dépose au fond de son lit. Un bisou sur le front de mes deux neveux, ils sombrent déjà à leur tour, et je redescends doucement sur la terrasse. Clarisse et Emma discutent avec ma sœur et Julie. Paul et Cédric font une partie de belote. En contre-bas, j’aperçois la lumière de la piscine allumée, mais l’eau y est plus calme que cette après-midi. Jules et Gabin sont assis sur un des bords, les pieds immergés dans la fraîcheur. Je décide d’aller à leur rencontre, je n’ai pas encore pu prendre un moment avec mon fils depuis son arrivée. En arrivant en bas des marches, je distingue un filet de fumée qui s’échappe de la main de Gabin. Je ralenti, pour les observer silencieusement, en mère curieuse que je suis. Gabin à une main posée sur l’épaule de Jules qui lui raconte visiblement une histoire amusante. Il passe alors une clope à Jules, qui finit sa phrase et la porte finalement à sa bouche. Je suis étonnée car il me soutien qu’il ne fume pas habituellement. Je m’avance vers eux. « Alors, ça s’encanaille ici ? ». Jules est surpris, et semble déstabilisé un court instant. Il se ressaisit, se rappelant peut être que du haut de ses 21 ans il n’a plus vraiment de comptes à rendre à sa mère. « Maman ? Qu’est-ce que tu fais là ? – Eh bien, je viens discuter un peu… Mais je ne veux pas déranger, si je vous ennuie n’hésitez pas à m’envoyer me coucher ! – Mais non, allez, assieds-toi, mets les pieds dans l’eau, tu vas voir comme ça fait du bien. Il fait trop chaud ici, c’est hallucinant, à l’océan il faisait chaud mais pas comme ça… ». Je m’assois à ses côtés et trempe mes orteils dans la piscine. Effectivement, c’est rafraîchissant et salvateur. Ce soir, la chaleur est toujours écrasante, mais un orage se prépare à éclater dans la nuit, en espérant qu’il fasse retomber la température infernale. Le vent qui annonce cette petite tempête se lève, mais son souffle est chaud lui aussi. Je réalise que l’odeur qui émane de la fumée n’est pas celle d’une cigarette. « Dis donc, ça t’arrives souvent ça ? », je demande à mon fils, en désignant son joint. « Mmmmh, autant que toi je dirais ! », me répond-t-il avec un grand sourire. Qu’est-ce que je peux répondre à ça ? C’est vrai qu’ils nous arrivent, lors de soirées un peu arrosées avec mes potes, de fumer un peu. Jules n’est pas dupe, il a forcément dû sentir ce que c’était. Il a bien raison de me le faire remarquer comme ça. Mais je suis embêtée car ce n’est pas l’image de mère que je veux renvoyer. Au fond de moi, je sais quand même qu’il est raisonnable et je n’ai pas trop de soucis à me faire pour lui : bons résultats dans ses études, vie sociale épanouie, comportement irréprochable avec sa famille, toujours un petit sms pour me prévenir s’il découche ou rentre tard… Je me voie mal lui faire la leçon pour un petit pétard fumé un soir au beau milieu des vacances. En tout cas, sa répartie à fait éclater de rire Gabin, qui lui pique le joint, tire dessus et me le tend. « Allez-y Cécile, on partage vous savez ! », me nargue-t-il sous les yeux de Jules. Je suis tentée mais je ne ferais pas ça devant mon fils, il y a des limites, je suis sa mère, pas sa pote. « Non merci, c’est gentil mais je vais vous laisser partager ça tous les deux et monter me coucher je crois. ». Je me relève et avant de les quitter je me retourne : « Demain on passe la journée sur la presqu’île vous savez ? Il devrait faire moins lourd, on partira tôt pour trouver une crique ombragée, et Cédric prend le kayak si quelqu’un veut en faire un peu en mer. – Oui, oui, Solène nous a dit tout ça tout à l’heure, pas de soucis, c’est super, on sera de la partie ! ». Très bien, je pourrais passer un peu de temps avec lui demain sur la plage alors. Je les quitte et monte jusqu’à ma chambre, sans oublier de saluer le reste de la famille qui finit la soirée sur la terrasse. Je prends une douche rapide et me glisse dans mes draps frais, m’endormant rapidement.

Je suis réveillée au milieu de la nuit par l’orage fracassant. Mes volets claquent, j’ai oublié de les attacher, le vent souffle violemment dans ma chambre et le tonnerre tape et gronde fort, tout proche de la vieille bâtisse. Je ferme ma fenêtre, remet en ordre quelques affaires qui avaient volé dans la pièce et traverse la maison jusqu’à la chambre des enfants. Rien à signaler, Solène a dû prendre soin de fermer leur fenêtre avant d’aller se coucher. Je retourne dans ma chambre, me glisse à nouveau dans mon lit et j’attrape la bouteille sur mon chevet pour boire une gorgée avant de me rendormir. Elle est désespérément vide… Je dois donc aller puiser dans ma motivation pour me relever et descendre jusqu’à la cuisine pour m’hydrater. Ma soif prend le dessus et je sors de mon lit en vitesse. Les marches qui mènent au rez-de-chaussée et sa grande pièce à vivre sont glacées. Au cœur de l’après-midi brûlant, cela se révèle très agréable. Mais maintenant, en pleine nuit orageuse, en nuisette et dans le noir, la sensation n’est pas géniale. La pluie, qui commençait à peine à tomber lorsque j’ai fermé mes volets, est maintenant violente, je l’entends cingler les baies vitrées du salon et de la cuisine. Lorsque je pose le pied en bas des marches, je me retourne, face à la cuisine et sursaute de terreur. Une silhouette se tiens droite devant une vitre, totalement silencieuse. C’est un homme, il se tient dos à moi. Comme je me déplace dans le noir depuis l’étage, mes yeux se sont habitués et je devine qu’il est en caleçon. Il ne m’a pas vue, pas entendue. L’îlot central de la cuisine nous sépare. J’ai beau voir relativement bien malgré l’obscurité, je ne reconnais pas la personne devant moi. Je n’ose pas avancer. Soudain, un éclair illumine la pièce comme en plein jour. Cela dure une fraction de seconde mais je crois avoir reconnu Gabin. Je fais deux pas en avant et le tonnerre vrombit. Effrayée et surprise, je pousse un petit cri. « Cécile ? Wow vous m’avez fait peur ! Vous êtes là depuis longtemps ? Je ne vous ai pas entendu descendre ! ». C’est bien Gabin. Je suis tout à coup gelée : l’orage, la pluie, la peur, ma nuisette… Ma nuisette ! Je suis en sous-vêtements devant le jeune homme ! Merde, heureusement il fait nuit et le ciel est sombre, il ne doit pas voir grand-chose. Je me calme et lui réponds : « Euh, eh bien excuse-moi, tu m’as fait peur toi aussi, je ne savais pas que tu étais là et je ne t’ai pas entendu… Je suis descendue chercher à boire… L’orage t’a réveillé ? – Oui, j’ai le sommeil assez léger donc ça suffit à me mettre debout, malheureusement… Désolé de vous avoir effrayée, j’admirais simplement l’orage et les éclairs, c’est sublime. ». Je me dirige jusqu’à l’évier et tourne le robinet pour remplir ma bouteille. Je me suis remise de mes émotions mais j’ai toujours très froid. Pourtant, je prends le temps de m’avancer vers Gabin, devant la baie vitrée et de contempler le ciel tourmenté à ses côtés. Les éclairs s’enchainent et c’est vrai que le spectacle est splendide. Je ne sais pas combien de temps dure cet instant, mais soudain Gabin pose un plaid sur mes épaules. Je n’ai aucune idée d’où il sort ce truc, je ne l’ai pas entendu s’éloigner de moi… « Vous devez avoir froid, vous avez la chair de poule et vous claquez presque des dents… ». Je ne m’en étais même pas rendu compte mais c’est vrai bon sang, je dois serrer ma mâchoire car je grelote. Il ne devait pas regarder que le ciel pour avoir remarqué ça, à moins que mes dents aient fait du bruit. « Merci. Oui je suis glacée en effet, l’orage a fait chuter la température n’est-ce pas ? – Oui, il fait bon maintenant, mais pas froid, c’est étrange que vous grelottiez, asseyez-vous un peu sur le canapé… ». Il pose ses mains sur mes épaules et me dirige lentement au salon. Nous nous asseyons côte à côte, de manière à garder la vue sur l’extérieur. Ce moment est hors du temps. Bercée par les sons de la tempête, je commence à somnoler malgré moi. Un coup de vent fait tomber une chaise sur la terrasse, le bruit est fracassant, je reviens brusquement à la réalité et ouvre les yeux. Je m’étais laissée tombée contre Gabin, mon visage sur son épaule, légèrement endormie. Je ne sais pas combien de temps je suis restée comme ça. Il n’a pas bougé visiblement. Il n’a pas du remarqué que je m’étais réveillée car il prend une mèche de cheveux tombée sur mon visage et la remet derrière mon oreille délicatement. Il passe son nez sur le haut de mon crâne et hume l’odeur de mes cheveux. Je relève alors la tête pour découvrir son regard posé sur moi, toujours aussi apaisé et tendre. « Je… je vais retourner me coucher, je m’endors… », finis-je par lui dire, incapable de trouver une quelconque répartie après ce qu’il vient de se passer entre nous. « Oui, eh bien bonne nuit Cécile. Demain va être une super journée au bord de la mer, reposez-vous bien pour en profiter. ». Je suis sidérée par la banalité de sa remarque. Je pensais qu’il allait s’excuser, manifester une gêne ou un malaise, mais non. Tout ça paraît tout à fait normal pour lui. Je n’en rajoute pas. Peut-être que la fatigue me fait exagérer la situation. Je remonte les escaliers glacés et retrouve mes draps encore tièdes avec soulagement. Mon sommeil est ponctué de rêves étranges, où se mêlent un Gabin séducteur, une Solène protectrice et un Aubain réclamant des câlins…

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