Que la montagne elle est belle

La semaine dernière a été bien chargée personnellement…

Certains l’apprendront ici, d’autres en ont déjà eu vent, j’ai passé et obtenu mon permis de conduire. Après un premier parcours de code et conduite accompagnée à l’âge où tout le monde s’y met, j’ai traversé quelques années de vide automobile. Pas l’envie, pas la confiance suite à cette première expérience chaotique, pas le besoin surtout. Mais bon, cela ne dure qu’un temps. Même si je réside et travaille dans une grande agglomération, le permis c’est bien pratique de temps en temps. Ajoutez à ça la pression de l’entourage et bim, la motivation revient par magie ! Et c’est ainsi qu’après un deuxième parcours tout à fait honorable de code et conduite (à Lyon, où il n’est pas aussi simple que dans ma ville d’origine de passer le permis), me voilà en possession du St Graal ! 

Quoi qu’il en soit, cette semaine était occupée par ce grand événement et l’écriture est passée au second plan, remisée derrière le stress, la concentration, puis un weekend de détente bien mérité et nécessaire…

Je me remets donc de ce pas au travail, pour vous servir au plus vite la suite de Chaleur et de nombreuses autres histoires palpitantes !

En attendant, voici un petit texte inspiré d’une chouette ballade partagée ce weekend entre amis.

Bonne lecture !

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Les raquettes aux pieds, les bâtons de randonnée dans les mains, les vêtements de ski qui nous enveloppent, les lunettes de soleil sur le nez, le groupe d’amis pour nous motiver, et le chien qui nous suit avec entrain : les premiers éléments du décor sont plantés pour une belle ballade hivernale, à deux pas du lac Léman et de la charmante Evian-les-Bains. Mais pour se mettre pleinement dans l’ambiance, ce n’est rien de tout ça qu’il faut décrire…

Il faut d’abord peindre le soleil, étincelant et chaud, reflété sur la neige et le lac de montagne gelé autour duquel nous nous promenons. Ce soleil qui nous tient au chaud au creux de ses rayons, alors que nous sommes à peine en février et que le redoutable mars arrive avec son lot certain de gelées. Ce soleil de montagne, qui semble plus proche que celui de la mer, plus pur aussi. Mais déjà nous n’en profitons plus car le sentier longe un massif qui fait de l’ombre. C’est la neige qui vient nous éclairer. Il faut alors raconter cette neige. Le blanc, le blanc propre et parfait qui recouvre tout, même le creux des sous-bois, inatteignable pour le majestueux soleil mais facilement à la portée de la reine immaculée. Quand on raconte la neige, il est simple de raconter son aspect, mais que dire du son qui l’accompagne. Le craquement est amplifié par les raquettes, dont les petits crampons s’accrochent juste avant que le plat de la « semelle » s’étale brusquement sur la couche glacée. Crrr crr, crr crr, crr crr, chante la neige au fil des pas des randonneurs. Elle se tait quand un moment de contemplation le demande, elle reprend pour accompagner notre marche. Il faut ensuite faire une photographie des bois enneigés. D’ordinaire, on y entend les oiseaux, le vent, les insectes et les plantes elles-mêmes si l’on sait écouter. Mais sous la glace… Les oiseaux sont partis, les insectes endormis et les plantes camouflées sous l’épaisse couche de neige. Seuls les pins semblent à l’aise à cet instant, pas perturbés le moins du monde par les températures et l’eau glacée. Parlons alors de l’eau, puisqu’un ruisseau longe notre route. On écoute son chant qui guide le sentier et nos raquettes. Par mégarde, et pour tenter un chemin plus aventureux, nous le trouvons devant nous et devons le traverser. Le filet d’eau se transforme en rapides le temps de trouver un passage que nous pourrons aborder malgré nos raquettes et la promenade tranquille prend des airs de Jumanji. Même le chien s’aventure dans l’eau glacée, du bout des pattes, comme pour nous aider dans cette traversée qui nous semblerait si facile sans le froid, la glace, et ces raquettes qui perdent de leur sens sans la neige… Notre pauvre compagnon a les pattes trempées et il est temps de finir notre ballade, car tout ne peut être décrit malheureusement. On n’aura pas parlé des chalets de bois croisés au milieu du périple, fumant du bois qui crépite à l’intérieur de la cheminée. On a tiré un trait sur les traces de petits cervidés aperçues sous les arbres, profondément ancrées dans la neige, nous laissant imaginer le passage silencieux d’une gracieuse biche au museau fumant dans ce froid paysage.

Tout ne peut être décrit et voilà la fin du chemin, une dernière vue sur le lac prisonnier de la glace, le soleil se cachant coquettement derrière les montagnes en arrière-plan, les sapins recouvrant comme une armée les flancs des sommets ombragés. Il est temps pour les marcheurs de déchausser les raquettes et de s’attabler autour d’un chocolat chaud et d’une gaufre dégoulinante ici de chocolat, là de sucre ou ailleurs de crème chantilly. C’est pour notre petit compagnon que la fin de la promenade est la plus savoureuse : les pattes gelées par la neige, le museau rempli de nouvelles odeurs glacées auparavant inconnues, il savoure son repos, couché à nos pieds. Nous ferons tous de beaux rêves ce soir.

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Alors, tenté par quelques jours à la neige ?

 

2 réflexions sur “Que la montagne elle est belle

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